L’étiquette électronique, un “must-have” face à la digitalisation à marche forcée des distributeurs

Carrefour, Système U, L’Entrepôt du Bricolage, Leroy Merlin… Les acteurs de la distribution, qu’il s’agisse des géants de l’alimentaire ou d’enseignes indépendantes spécialisées, sont soumis à des impératifs de transformation digitale de haute intensité qui les incitent à repenser leur point de vente pour tirer leur épingle du jeu dans un contexte inflationniste. De plus en plus complexes, de plus en plus intelligentes, les étiquettes électroniques sont devenues un “must-have” avec une prise de conscience qui s’étend bien au-delà de l’Hexagone, aux Etats-Unis notamment où la société Pricer se développe fortement, sans pour autant renier ses racines européennes. Rencontre avec Gilles Gagnier, Directeur général adjoint de Pricer France, interviewé par Stéphane Pedrazzi dans l’émission #Décryptage sur BFM Business.

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La crise du Covid-19 a poussé de nombreux distributeurs à se numériser. Pour quelles conséquences sur votre activité ?

Gilles Gagnier : Depuis plus de vingt ans, la France a été pionnière en matière d’étiquettes électroniques, grâce notamment au fort pouvoir d’innovation de la grande distribution hexagonale. C’est un marché mature sur lequel la France est plus que jamais très en avance. Plus de huit hypermarchés sur 10 sont équipés en étiquettes électroniques, et les utilisent de manière de plus en plus innovante. Mais la technologie de communication optique sans fil appliquée par Pricer au secteur de l’alimentaire a connu un très fort regain d’intérêt avec l’essor du drive et du Click and Collect durant ces deux dernières années. Là où l’étiquette électronique était un outil de différenciation, elle est devenue un must-have. Principal bénéfice : le flash instantané, émis par les étiquettes, permet au personnel de retrouver rapidement les produits en magasin, et notamment d’éviter tout risque d’erreur lors des phases de picking et de préparation de commande. Pour beaucoup, cela a été le point de départ de l’accélération de la numérisation des process. Je pense, par exemple, aux enseignes de bricolage, venues s’ajouter à notre pool de clients.

Cela veut-il également dire qu’un nombre croissant de distributeurs de taille moyenne sont en train de s’équiper ?

Gilles Gagnier : Dans l’Hexagone, le marché est majoritairement constitué par la grande distribution alimentaire, la grande distribution spécialisée dans certains cas. Cela ne veut pas dire que les magasins indépendants sont absents. Bien au contraire. La digitalisation du point de vente les concerne également, tout particulièrement dans le contexte inflationniste actuel qui impose des changements d’étiquettes fréquents et coûteux. En matière d’étiquette électronique, le marché de la pharmacie se démarque. Cela leur permet d’optimiser le temps d’activité, particulièrement au moment où les laboratoires leur demandent d’effectuer des promotions sur certains produits. Changer l’étiquette à la main est chronophage. Avec l’étiquette électronique, la bascule se fait très rapidement.

Cette dernière se place donc au centre de la révolution numérique du point de vente…

Gilles Gagnier : C’est bien le cas. L’étiquette électronique est devenue un vecteur de communication indispensable pour des enseignes soumises à des impératifs de transformation digitale de haute intensité… vecteur de communication tant vis-à-vis des consommateurs qu’en direction des équipes sur le point de vente. Ces dernières peuvent ainsi connaître l’état des stocks, celui des prochaines commandes, vont pouvoir identifier l’ensemble des produits et les ruptures éventuelles… De leur côté, les consommateurs vont avoir accès au bon prix et aux meilleures promos en temps réel, mais également à davantage d’infos produits très demandées telles que la présence d’allergènes, Nutri-Score, indice de réparabilité, etc. En matière de services, l’étiquette électronique permet également de faire de la géolocalisation. De quoi donner aux clients la possibilité (en passant via une borne ou en scannant un QR code) de situer le rayon où se trouve le produit recherché.

Pour une entreprise comme la vôtre, la bataille se joue d’abord au Etats-Unis ou en Europe ?

Gilles Gagnier : Elle se joue partout. Si les regards continuent d’être tournés vers l’Asie, les Etats-Unis démarrent sur le sujet de l’étiquette électronique. Il faut donc aller conquérir ce nouveau marché où nous enregistrons déjà un certain nombre de clients actifs comme l’américain Best Buy. Mais pour financer cette stratégie de conquête, nous nous appuyons sur nos succès en Europe. En tant qu’entreprise suédoise, il est dans notre ADN de concevoir nos produits en Europe et en Suède, en co-construisant avec nos clients des solutions digitales au plus près de leurs besoins locaux ancrés dans une réalité terrain. Et c’est également en Europe que nous avons pour projet d’installer une nouvelle unité de production. Parce que plus que jamais, Pricer se définit comme une entreprise européenne.

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